Bloc de navigation Accueil Retour à la page précédemment affichée Titre de l’Atlantic-Hôtel de Bourg de Batz aux XIXe et XXe siècles

Bourg-de-Batz — L’histoire de l’Atlantic-Hôtel à Valentin

Aller en haut de page Du Grand-Hôtel à l’Atlantic-Hôtel, titre de la chronique

Le 26 août 1897, la première pierre de l’Hôtel de la Plage est posée par madame Boju1, « fée charmante » aux dires de la presse qu’elle avait invitée à célébrer l’événement dans la salle du casino. « L’Hôtel de la Plage » sera en réalité un nom virtuel et à son ouverture il sera nommé le « Grand-Hôtel ».

Grand Hôtel de la Plage Valentin vers 1900.

Le Grand Hôtel de la Plage Valentin côté parc vers 1900
Collection personnelle

Le site, initialement aménagé pour l’établissement des bains de Valentin Killian, est magnifique : au pied de l’hôtel, la mer, la plage et les rochers, le sable de la plage est quasiment au niveau de la terrasse ; de l’autre côté, la pointe du Croisic, le port, la baie du Traict (le Golfe), la Turballe, les villages du coteau de Guérande, qu’aucune végétation n’occulte et, enfin, les marais salants.

Lors de sa construction, en 1898, l’hôtel comporte trois niveaux composés d’une partie centrale sur laquelle s’appuient deux corps latéraux, le tout comptant 14 fenêtres par étage. En 1906, après son rachat par Louis Lajarrige2, futur maire de la Baule, l’hôtel prend le nom de Regina-Hôtel et deux nouvelles ailes sont ajoutées, portant le nombre total d’ouvertures à 65. Peu après, il change de nouveau de nom et devient l’Atlantic-Hôtel.

Portrait de Louis Lajarrige.

Portrait de Louis Lajarrige
Collection personnelle

En raison de son éloigne­ment relatif du bourg de Batz, l’hôtel sera souvent considéré à tort comme situé sur la commune du Croisic, d’où venait la majorité des baigneurs, conduits par un service d’omnibus qui reliait la plage et l’hôtel au Croisic, moyennant un prix de 15 centimes. Les guides touristiques se plaignaient d’une fréquence trop réduite du service.

C’est sans doute en partie dans les difficultés d’accès, l’isolement sur la falaise3, au milieu de dunes à la végétation rase, qu’il faut chercher les raisons pour lesquelles le succès de l’hôtel restera toujours incertain. Les changements de propriétaire et de direction entraînaient également des fermetures n’incitant pas à le recommander.

Malgré la « réclame », en particulier les affiches de la Compagnie du Chemin de Fer de l’Ouest, l’établissement ne prospéra jamais vraiment. La qualité des festivités était parfois contestée par les clients, ainsi qu’en témoigne le texte d’une carte postale envoyée à l’occasion de la bénédiction de l’hôtel en juillet 1906 : « L’on vient de bénir l’hôtel et nous avons eu hier la représentation d’un Faust chanté par deux amateurs qui nous ont beaucoup fait rire ».

Le Regina-Hôtel de la Plage Valentin vers 1908.

Le Regina-Hôtel de la Plage Valentin côté mer vers 1908
Collection personnelle

Au début du xxe siècle, les prix de séjour variaient de 10 à 12 francs4 pour un 1er étage côté mer en pleine saison à 6 et 7 francs pour un 2e étage côté golfe en basse saison ; petit-déjeuner pour 1 franc, déjeuner 3 francs et dîner 3,50 francs.

Au cours des années le bâtiment connaîtra des fortunes diverses.
En 1923, Ernest Guillaume est propriétaire et «  l’Atlantic Hôtel a rouvert ses portes complètement modernisé, chambres avec eau chaude et froide, bonne table, sauteries, etc.5 ».
Le dôme central disparaîtra vers 1949 et l’hôtel, bien dégradé par l’occupation allemande, comme tous les bâtiments côtiers occupés et laissés sans entretien, sera remis en état par les Fonderies de Pont-à-Mousson qui le transforment en colonie de vacances portant le nom de Daniel Paul-Cavallier, ancien directeur de son service social, décédé dans un accident d’avion en 1953. Revendu vers 2002, le bâtiment, partagé en appartements, sera ensuite converti en une résidence locative.

L'Atlantic-Hôtel, résidence de vacances, en 2017.

L'Atlantic-Hôtel, résidence de vacances, en 2017.
Photographie Jean-François Caillet

29 avril 2018



Notes :
1. Née Marie-Antoinette Durand, elle avait épousé Jean-Baptiste Boju, constructeur de navires, issu d’une lignée de pêcheurs. La particule de la Ménollière avait été accolée au patronyme Boju en référence à une vieille famille de la noblesse bretonne, sans aucun lien avec celle de Jean-Baptiste Boju. Symbole d’une promotion sociale, cette pratique n’était pas rare au xixe siècle.
2. Alors Secrétaire général du quotidien parisien Le Journal.
3. Ce mot a eu dans l’ancien français le sens de lieu sablonneux (Littré). À Batz, il désignait toute la zone située à l’ouest du bourg et a donné son nom au moulin reconstruit au début du xxe siècle.
4. Pour autant qu’une comparaison soit représentative, un franc 1901 équivaudrait à environ 3,80 euros 2010 (source : INSEE, Convertisseur franc-euro : pouvoir d’achat de l’euro et du franc).
5. Carte d’Anatole Filloche datée du 13 août 1923.


-  © Jean-François Caillet 2008-2018  - 

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