Bloc de navigation Accueil Retour à la page précédemment affichée Titre de la chronique de Saint-Michel-du-Rocher au XIXe siècle

Bourg-de-Batz — Histoire de Saint-Michel-du-Rocher à Bourg-de-Batz

Aller en haut de page Le chalet Saint-Michel-du-Rocher à Bourg-de-Batz, titre de la chronique
Localisation du chalet Saint-Michel-du-Rocher sur un plan de 1850.

Localisation du chalet Saint-Michel-du-Rocher sur un plan de 1850.
Collection personnelle

C’est en 1846 que Célestin Pavec, alors avoué à Savenay, sollicita le conseil municipal de Bourg-de-Batz pour l’achat d’une parcelle de terrain communal située face au futur petit Bois, le long du chemin menant à la mer. À cette époque, ni le petit Bois1, ni la rue de l’Atlantique n’existaient et un simple chemin, la rue Saint-Esprit2 , descendait vers la mer.

Une chapelle dédiée à Saint-Michel avait été construite sur la parcelle que Célestin Pavec souhaitait acheter, mais sa vétusté avait imposé sa destruction une quinzaine d’années aupara­vant3. Deux moulins, le moulin du Corps ou moulin du Core et le moulin du Prieuré (dont le pied subsiste aujourd’hui) encadraient ce terrain de dix ares. Une carrière appartenant à Pichon4 le séparait du bord de mer.

Photographie de la villa Saint-Michel-du-Rocher vers 1900.

Photographie de la villa Saint-Michel-du-Rocher vers 1900.
Collection personnelle

On ne peut qu’essayer d’imaginer la vue dont on jouissait depuis cet emplacement dominant. En dehors de deux forts et d’un corps de garde de la douane, l’ensemble de la côte est totalement désert, aucune construction, aucun arbre, sur les quelque huit kilomètres de côte entre la pointe de « Painchateau » et le Croisic, seule une végétation d’herbes basses résiste à l’air marin.

Le conseil municipal accepta de vendre la parcelle soumis­sionnée, par adjudication avec une mise à prix de dix francs l’are5 ; ce fut la première vente à Bourg-de-Batz aux seules fins de villégiature. Célestin Pavec résidait à Savenay, à une soixantaine de kilomètres de Batz6, mais il connaissait néanmoins bien la région : il était né en 1809 à Guérande, berceau de sa famille maternelle, où son père était employé des douanes7.

Annonce « À louer » de 1850.

Annonce pour la location du chalet, en 1850.
Archives départementales de Loire-Atlantique

Dès 1847, une première version de la « maison de Saint-Michel » fut édifiée. Elle comportait six pièces princi­pales que Célestin Pavec, en homme d’affaires avisé, entreprit immédia­te­ment de louer pendant la belle saison. L’année suivante, une extension fut construite portant à dix le nombre des pièces principales.

En 1850, la maison était proposée à la location comme pouvant être partagée en deux appartements loués séparément, l’un côté mer, l’autre du côté du futur petit Bois. La maison qui, de Maison de Saint-Michel allait devenir Saint-Michel-du-Rocher, était donc pour Célestin Pavec un immeuble de rapport. Parmi ces extensions, au sud, figuraient des tours carrées, caractéristique que l’on retrouve dans les autres maisons bourgeoises de bord de mer de cette même période.

Cette même année 1850, Célestin Pavec soumissionna, moyennant vingt-cinq francs, l’achat d’un bout de terrain de deux cents mètres carrés, reste d’une carrière qui séparait sa propriété de la carrière Pichon et lui permettait ainsi de redresser un peu le contour tourmenté de sa propriété. Le conseil municipal consentit à cette vente pour un prix de trente francs8.


La propriété de Célestin Pavec ne couvrait alors que 1200 mètres carrés, mais la côte lui appartenait...


29 avril 2018



Notes :
1. Le premier projet de bois-promenade lancé par le conseil municipal en 1845, repris et abandonné en 1846 ne fut relancé qu’en 1868. Jusqu’à cette date, aucun arbre n’existait sur le domaine public.
2. Le nom donné à cette rue reprenait celui d’une chapelle, édifiée près de la chapelle Notre-Dame du Mûrié, et qui fut détruite en 1839.
3. La chapelle Saint-Michel fut détruite en 1832 (Rimbaud, P. (1914). Le Bourg de Batz. Nantes: André Clouet.).
4. C’est lui qui par la suite rachètera la villa Saint-Michel-du-Rocher ???.
5. Délibération du conseil municipal du 13 septembre 1846.
6. Il faut se rappeler qu’à cette époque les routes actuelles n’existaient pas. L’étier du Pouliguen n’était encore franchissable que par un bac. Une route reliant Saint-Nazaire au Croisic passait par Guérande ; à côté, les chemins des marais (en fait plutôt des talus) étroits et sinueux étaient difficilement praticables par les carrioles.
7. Le père de Célestin Pavec, Adrien Jacques, « s’absenta de son domicile », sans y jamais reparaître alors que Célestin n’avait qu’une dizaine d’années.
8. Délibération du conseil municipal du 15 février 1851.


-  © Jean-François Caillet 2008-2018  - 

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