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Le Bourg de Batz aux XIXe et XXe siècles, titre de la page de la villa Marie-Jeanne

Petite histoire de la villa Marie-Jeanne au milieu du xxe siècle

Aller en haut de page Titre de la chronique de la page de la villa Marie-Jeanne.

Marie-Jeanne est une villa située à Bourg-de-Batz, près de Casse-Caillou, au 57 sur le côté nord de la rue de Casse-Caillou.

Le chalet

L’environnement du chalet Marie-Jeanne vers 1943.
Plan complet visible au Musée du Grand Blockhaus à Batz-sur-Mer

En février 1926, Jean-Baptiste Bonneau adresse au maire de Batz une lettre dans laquelle il lui demande de lui vendre une « parcelle de terrain communal située au lieu-dit Casse-Caillou ». Ce terrain sablonneux a une superficie de 187,50 mètres carrés et il en propose la somme de 2175 francs. Vu l’inutilité de cette parcelle et son improductivité, le conseil municipal accepte cette offre et demande au préfet de l’autoriser à traiter de gré à gré avec le demandeur

Jean-Baptiste Bonneau qui réside à Angers fait construire une villa sur la parcelle qu’il vient d’acquérir et lui donne pour nom, tradition oblige, les prénoms de sa fille Jeanne Marie, dont il inverse cependant l’ordre.

Marie-Jeanne est mitoyenne d’une autre villa, au nom ésotérique : Marvoleine. Les deux villas ont été construites à la même époque, toitures et gouttières sont continues ce qui semble indiquer qu’elles ont été érigées simultanément. Jean-Baptiste étant entrepreneur de maçonnerie, construisit-il les deux villas ?

Ces deux villas jumelées sont les dernières construites rue de Casse-Caillou sur des terrains cédés par la municipalité. Au-delà de cette limite, les terrains dits la plage Valentin avaient été acquis par Jean-Baptiste Boju. Un plan de lotissement est établi en 1914, mais la guerre et le décès de Jean-Baptiste Boju en empêchent la mise en œuvre. Plusieurs propriétaires se succèdent, mais aucun n'a les reins suffisamment solides pour exploiter cette vaste étendue. Enfin, en 1938, une société Lévy achète les 115.000 mètres carrés bordant la plage Valentin, définit un plan de lotissement et met en vente les parcelles résultantes. Bien entendu, la Seconde Guerre mondiale, de nouveau, contrecarrera la réalisation de ce nouveau plan.

Les propriétaires

Le constructeur

Photographie de la villa Marie-Jeanne aujourd’hui
Source Image : Google Street View, [2026]

Jean-Baptiste Bonneau, constructeur de la maison, est originaire de Mézières-sur-Issoire, dans la Haute-Vienne. Fils naturel, sa vie ne commence pas sous les meilleurs auspices. Après un détour surprenant par la Drôme, il épouse une angevine, sans doute rencontrée à l’occasion de son service militaire à Angers. Le couple a deux enfants : Jeanne Marie Joséphine et Eugène Charles. Marie-Louise Maugin, l’épouse de Jean-Baptiste meurt malheureusement au printemps 1927, sans avoir pu profiter de la villa.

Jean-Baptiste a débuté dans la vie professionnelle comme tailleur de pierres, il crée ensuite sa propre entreprise de maçonnerie qu’il exploite rue du Docteur Guichard à Angers.

En complément de ses propres compétences dans le domaine de la maçonnerie, Jean-Baptiste a pu profiter pour la construction de sa villa de l’expérience de la famille de son épouse : un de ses beaux-frères, Raymond Joseph Maugin, fils d’un « maître maçon », est lui-même maçon.

En avril 1931, quatre ans après le décès de son épouse Marie-Louise, le partage de la communauté Jean-Baptiste Bonneau-Marie-Louise Maugin attribue l’entreprise à leur fils Eugène Charles.

Peu après, vers 1935, la propriété de la villa est transmise en nue-propriété à Raymond Raguin, époux de Jeanne Marie Bonneau, fille de Jean-Baptiste, tandis que celui-ci en conserve l’usufruit.

L’héritier

De constitution fragile, Raymond Raguin est ajourné par le Conseil de révision en 1911, puis affecté au Service auxiliaire pour « insuffisance de développement » l’année suivante. La suite de sa vie militaire n’est qu’une alternance de réformes temporaires, réintégrations, inaptitude comme auxiliaire et se termine le 16 janvier 1919 par un grade de caporal fourrier.

5 juin 1936, vol de la bicyclette de Raymond Raguin.
Source Bibliothèque nationale de France

« Mis en congé illimité de démobilisation en 1919 », Raymond se retire à la Flèche dont il est originaire. Il se marie à Angers avec Jeanne Marie Bonneau – égérie de la villa – et le premier enfant du couple naît en 1920 à la Flèche. Rapidement, il accepte une place d’employé de banque qui lui est proposée par la Société générale. Cet emploi l’amène à se déplacer d’agence en agence, passant par Beauvais, Cognac, Angoulême, avant de revenir s’établir définitivement à Angers fin 1927. Après un bref séjour chez les parents de Jeanne Marie, rue du docteur Guichard, le couple, avec ses trois fils s’installe fin 1934 au 9 de la rue Colbert, à quelques dizaines de mètres de l’entreprise de maçonnerie de Jean-Baptiste Bonneau. Raymond est alors toujours employé par la Société générale.

Il décèdera en 1958, dix ans avant Jeanne Marie.

11 octobre 2026


-  © Jean-François Caillet 2008-2022  - 

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